La récente contre-offensive de l’armée tchadienne contre Boko Haram, sous la direction du président Mahamat Idriss Déby, a été marquée par une mobilisation sans précédent de ressources en faveur des soldats engagés sur le front.
Des images de distributions de vivres et de sommes d’argent ont fait le tour des réseaux sociaux, suscitant à la fois gratitude et interrogations. Si ces gestes de générosité sont louables, ils soulèvent également des questions sur la gestion des ressources humaines dans l’armée et sur les motivations politiques sous-jacentes.Il est indéniable que les soldats engagés dans des opérations de combat ont besoin d’un soutien logistique conséquent pour maintenir leur moral et leur efficacité. Cependant, la concentration de ces efforts au moment même d’une opération de grande envergure ne peut manquer de susciter des interrogations. Pourquoi attendre une crise pour se soucier des conditions de vie des militaires ? Ne devrait-on pas s’assurer en permanence que nos forces armées disposent des moyens nécessaires pour remplir leurs missions ?
La médiatisation intensive de ces distributions de vivres laisse penser que l’objectif est autant de soutenir les soldats que de renforcer l’image du pouvoir en place. En effet, ces actions sont souvent présentées comme des initiatives personnelles du président ou du parti au pouvoir, renforçant ainsi leur légitimité auprès de l’opinion publique.
Il est légitime de se demander si cette générosité opportuniste n’est pas une simple opération de communication destinée à masquer des carences plus profondes dans la gestion des ressources humaines au sein de l’armée. Si les soldats sont bien nourris et équipés pendant les opérations, qu’en est-il de leur quotidien entre deux missions ?
