L’accident d’un camion de livraison à l’entrée de la ville a viré au drame social ce mardi. Entre un chauffeur entre la vie et la mort et une population sombrant dans l’ivresse collective, l’incident de Siéké dans le Mayo-kebbi Est révèle un visage inquiétant de la moralité publique.L’aube du 17 mars 2026 restera marquée par un spectacle désolant à Siéké.

Un camion des Brasseries du Tchad s’est renversé vers 4h du matin, piégeant son conducteur dans un amas de ferraille. S’il a fallu l’intervention technique d’un camion-benne et d’une grue pour extraire la victime, aujourd’hui en soins intensifs, la suite des événements relève de l’absurde.Plutôt que de porter assistance ou de respecter le périmètre de sécurité, une foule compacte, incluant des élèves ayant déserté les bancs du Collège de Siéké, s’est ruée sur la cargaison. Sous un soleil de plomb, la scène de sauvetage a rapidement laissé place à une beuverie à ciel ouvert.
L’ivresse de l’irresponsabilitéLe bilan de cette journée est lourd, et pas seulement sur le plan matériel.
L’alcool aidant, la liesse s’est transformée en bagarre rangée. Résultat : plusieurs « buveurs d’occasion » ont fini leur course à l’hôpital provincial, rejoignant celui-là même qu’ils auraient dû plaindre.Cet incident soulève une question de fond : quelle valeur accordons-nous à l’éducation et à la solidarité quand l’appel du gain facile, ou de l’ivresse gratuite, suffit à faire oublier les devoirs les plus élémentaires ?
À Bongor, ce mardi, la dignité semble s’être fracassée en même temps que les bouteilles de bière.