N’Djamane: Nettoyeurs de rues et riverains sous tension

Ce dernier temps, les riverains des voies bitumées et les nettoyeurs de rues, recrutés par la mairie de la commune de N’Djamena  se heurtent de plus en plus dans des conflits violents au sujet de la gestion des ordures enlevées des bitumes.

En 2010, le gouvernement Tchadien avait à travers la commune de la ville de N’Djamena  pris l’initiative de lancer le projet « N’Djamena Nadif » qui signifie en français, N’Djamena propre. Ce concept qui est au début apprécié par les citoyens pour l’amélioration des conditions de propreté et d’hygiène dans la capitale N’Djamena, n’a que durée que le temps de feu de paille. Quelques années seulement après son lancement, des engins destinés pour la collecte et la gestion des déchets sont tous mis sur cale dans tous les arrondissements qui en avaient bénéficié. Les bacs à ordures installés dans les zones stratégiques de certains quartiers, ne sont plus visibles.

Après le fiasco dans le projet « N’Djamena nadif», la commune de la ville de N’Djamena et les 10 communes d’arrondissement ont pris l’initiative de commander les motocyclettes et des tracteurs pour faire le travail de nettoyage et d’évacuation des déchets ménagers. Mais, l’insuffisance de ces engins chargés d’entretenir les voies bitumées et autres lieux publics, avec l’agrandissement de la capitale, crée des tensions entre les riverains des voies bitumées et les agents de la mairie constitués majoritairement des femmes qui font le travail de nettoyage. Ces riverains accusent le plus souvent les agents nettoyeurs  de la mairie de déverser les ordures collectées des voies bitumées devant chez eux, faute du manque d’engins pour évacuer loin ces ordures. Ces conflits qui éclatent souvent entre nettoyeurs des rues et les riverains à N’Djamena, sont souvent causés par des désaccords concernant la gestion des déchets et l’entretien des espaces publics.

Ces riverains se plaignent parfois des mauvaises conditions de travail des nettoyeurs, de l’insuffisance des ressources ou de la mauvaise gestion des ordures. « Ces nettoyeurs nous donnent chaque jour du travail. Ces derniers qui n’ont pas d’engins pour évacuer loin les ordures collectées sur les bitumes, trouvent d’alternatives de mettre ces ordures devant chez nous. Quand ont réagi, ces nettoyeurs nous narguent pour dire qu’après deux mètres de la limite devant chez nous, c’est déjà l’espace de l’État et non notre propreté. Si nous ne voulons pas qu’ils  versent les ordures là où  nous mettons les pavés comme recommandé par la mairie», témoigne un père de famille rencontré dans le troisième arrondissement de N’Djamena.

De leur côté, les nettoyeurs déplorent des conditions de travail très pénibles, des salaires insuffisants et le manque de soutien des autorités locales. Ces nettoyeurs de rues travailleurs sans équipement de protection comme les gants, caches nez les bottes les casques  et autres. « Souvent nous avons recours à nos chefs qui font aussi appel à la police municipale pour nous protéger contre les riverains des rues qui nous narguent souvent. Nous on ne met pas les ordures devant chez les particuliers. Ce que nous mettons, c’est la terre simple. Dans d’autres quartiers, ce sont ces riverains eux même qui réclament ces terrain pour aménager devant chez eux » explique un superviseur de ces agents. Il n’y a pas longtemps, les commerçants du marché Dombolo à Ardep Djoumal dans le 3eme arrondissement ont accusé les agents nettoyeurs d’avoir versé les déchets tout autour de ce marché. Ce qui a fallu crée une tension violente entre ces deux parties.  

Ces conflits mettent en lumière des problèmes larges, notamment la gestion des déchets dans la grande ville comme N’Djamena où la croissance démographique rapide et les infrastructures insuffisantes entraînent des contractions entre les travailleurs de nettoyage et les citoyens. 

Pour éviter ces conflits, il est de la nécessité pour les autorités locales de mettre à la disposition des nettoyeurs des rues des engins adéquats pour évacuer loin des quartiers populaire, des déchets ménagers et ceux des bitumes.

A la mairie de la commune de N’Djamena, une source informe sous le couvert de l’anonymat que les équipements de protection sont souvent donnés à ces nettoyeurs. Mais comme ce sont majoritairement des femmes âgées, elles ne veulent pas porter les gangs et des cache-nez pour se protéger, avec tous les risques des maladies dont elles sont exposées.

Lalaye Hidjolbo

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