Depuis la construction des viaducs dans la capitale tchadienne en 2014, le comportement des usagers semble changer. Sur la première voie de contournement qui va du rond-point de Chagoua au palais du 15 janvier, les usagers empruntent le sens opposé. Cette pratique cause des embouteillages mais est également l’une des causes des accidents de circulation.
En 2014, le gouvernement du Tchad a entrepris la construction des viaducs à travers quelques carrefours de la capitale avec une avenue à deux voies qui va du rond-point de Chagoua vers la sortie Nord de N’Djamena. Ces vastes chantiers visent selon les autorités à rendre la circulation fluide sur certaines avenues de la capitale.Mais, le constat sur le terrain reste désolant, malgré ces dispositifs mis en place.
Les dispositifs de ces viaducs et des aménagements de l’avenue qui vont avec semblent constituer des blocages pour certains usagers. C’est le cas des habitués du tronçon qui part du palais du 15 janvier au rond-point de Chagoua, considéré comme l’un des axes les plus empruntés. Le comportement de certains usagers de cet axe occasionne plusieurs cas d’accidents de la route ou encore perturbe la circulation.
Les motocyclistes, et les transporteurs des bagages dans les « porte-tout » font souvent le sens contraire pour éviter de contourner sur une grande distance jusqu’au rond-point du palais du 15 janvier, de Dembé, ou encore de Chagoua. Les conducteurs des « porte-tout », communément appelés pousse pousse, avec des marchandises vers les agences de voyages de Karkandjié, perturbent aussi la circulation. Des jeunes se sont constitués en équipes pour faire passer les motos des usagers d’un côté à un autre moyennant des pièces de 100 francs CFA à 250FCFA. Ces citoyens, par incivisme, évitent de contourner, et prennent ce raccourci dangereux.
Plus grave, à Dembé, en face de l’agence de la Banque Commerciale du Chari (BCC), le terre-plein qui sépare la voie est cassé par les jeunes qui transportent les effets d’un coté à l’autre pour les voyageurs vers les agences.
Souvent, des cas d’accident et des embouteillages sont enregistrés. Mais, le phénomène persiste. Il faut aussi noter que le jour où le défunt Déby ou son fils, le Président Mahamat Idriss Deby Itno se rend au palais des Arts et de la Culture, ex palais du 15 janvier pour une activité, toutes les routes adjacentes sont fermées et un grand désordre s’installe.
Le laisser-aller des forces de l’ordre
Les éléments du Groupement de Circulation Routière (GSR), chargés de mettre de l’ordre dans la circulation ne font pas assez d’efforts pour éviter le désordre sur ce tronçon. Les usagers sur les motos, dans leurs leurs voitures et autres engins qui sont arrêtés en infraction de circulation en sens inverse, se limitent à verser un peu d’argent à ces agents. Même les hommes en treillis, sur leurs engins, prennent le sens inverse, avec tous les risques possibles.
Pour rappel, un jeune d’une trentaine d’années et gestionnaire de son état, qui roulait dans un sens opposé, il y a quelques semaines avait vu sa moto prendre une direction inconnue quand il a été arrêté par un gendarme non loin de la Maison Nationale de la Femme. Il n’a ni retrouvé les traces de sa moto, ni celle du gendarme qui l’a arrêté.