site inaccessible Sécurité au Tchad : Entre coups de filets réels et mises en scène théâtrales -

Sécurité au Tchad : Entre coups de filets réels et mises en scène théâtrales

Depuis quelques mois, un rituel bien rodé s’est installé dans la capitale, N’Djamena, ainsi que dans plusieurs chefs-lieux de province : la présentation médiatisée d’arsenaux saisis. Si, sur le papier, ces opérations visent à rassurer une population meurtrie par l’insécurité, le spectacle commence à lasser. Pire, il s’attire les foudres de citoyens de plus en plus sceptiques qui y voient, non pas une victoire de la loi, mais une « farce » savamment orchestrée.L’énigme des armes sans propriétairesLe premier point de friction, et non des moindres, réside dans l’absence systématique des suspects lors de ces expositions médiatiques. Le paradoxe est frappant : au Tchad, la détention d’armes de guerre sans permis est un crime sévèrement puni par la loi.

Pourtant, on nous présente des tables couvertes de kalachnikovs et de munitions sans jamais voir l’ombre d’un détenteur. Où sont les coupables ? Pourquoi ne sont-ils pas présentés au parquet en même temps que leurs « outils de travail » ? Cette déconnexion entre l’objet du délit et le délinquant alimente les doutes les plus sérieux sur la véracité de ces saisies. Pour de nombreux observateurs, cette méthode de travail bafoue les principes élémentaires de la procédure pénale et jette le discrédit sur l’efficacité réelle des services de renseignement.Une stratégie de « bonne impression » ?Au sein de l’opinion publique, une hypothèse plus sombre circule : celle du recyclage.

Certains citoyens n’hésitent plus à affirmer que ces armes proviendraient des stocks officiels, sorties momentanément pour être « exposées » avant de regagner les magasins d’armement.L’objectif serait double : -Séduire le Chef de l’État : Montrer une image d’efficacité et de loyauté pour conserver des postes stratégiques au sein de l’appareil sécuritaire.-Dissuader par l’image : Créer un effet psychologique de peur pour décourager d’éventuels contestataires, en montrant que la force publique « veille ».Le risque de l’effet boomerangÀ force de vouloir trop en faire pour « soigner l’image », les autorités militaires et civiles risquent d’obtenir l’effet inverse.

La sécurité ne se décrète pas à coups de conférences de presse ou d’étalages de ferraille ; elle se ressent dans le quotidien des Tchadiens, dans la baisse effective des braquages et des conflits intercommunautaires.Si ces opérations s’avèrent être des mises en scène, elles ne font qu’élargir le fossé entre le peuple et ses institutions. La sécurité d’un pays ne peut reposer sur l’illusion, sous peine de voir la réalité reprendre ses droits de manière brutale.Depuis quelques mois, un rituel bien rodé s’est installé dans la capitale, N’Djamena, ainsi que dans plusieurs chefs-lieux de province : la présentation médiatisée d’arsenaux saisis. Si, sur le papier, ces opérations visent à rassurer une population meurtrie par l’insécurité, le spectacle commence à lasser.

Pire, il s’attire les foudres de citoyens de plus en plus sceptiques qui y voient, non pas une victoire de la loi, mais une « farce » savamment orchestrée.

L’énigme des armes sans propriétaires

Le premier point de friction, et non des moindres, réside dans l’absence systématique des suspects lors de ces expositions médiatiques. Le paradoxe est frappant : au Tchad, la détention d’armes de guerre sans permis est un crime sévèrement puni par la loi. Pourtant, on nous présente des tables couvertes de kalachnikovs et de munitions sans jamais voir l’ombre d’un détenteur.

Où sont les coupables ? Pourquoi ne sont-ils pas présentés au parquet en même temps que leurs « outils de travail » ? Cette déconnexion entre l’objet du délit et le délinquant alimente les doutes les plus sérieux sur la véracité de ces saisies. Pour de nombreux observateurs, cette méthode de travail bafoue les principes élémentaires de la procédure pénale et jette le discrédit sur l’efficacité réelle des services de renseignement.

Une stratégie de « bonne impression » ?

Au sein de l’opinion publique, une hypothèse plus sombre circule : celle du recyclage. Certains citoyens n’hésitent plus à affirmer que ces armes proviendraient des stocks officiels, sorties momentanément pour être « exposées » avant de regagner les magasins d’armement.

L’objectif serait double :

-Séduire le Chef de l’État : Montrer une image d’efficacité et de loyauté pour conserver des postes stratégiques au sein de l’appareil sécuritaire.

-Dissuader par l’image : Créer un effet psychologique de peur pour décourager d’éventuels contestataires, en montrant que la force publique « veille ».

À force de vouloir trop en faire pour « soigner l’image », les autorités militaires et civiles risquent d’obtenir l’effet inverse. La sécurité ne se décrète pas à coups de conférences de presse ou d’étalages de ferraille ; elle se ressent dans le quotidien des Tchadiens, dans la baisse effective des braquages et des conflits intercommunautaires.

Si ces opérations s’avèrent être des mises en scène, elles ne font qu’élargir le fossé entre le peuple et ses institutions. La sécurité d’un pays ne peut reposer sur l’illusion, sous peine de voir la réalité reprendre ses droits de manière brutale.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *