Le Tchad fait face depuis plusieurs années à un risque sécuritaire imminent. En plus des zones rurales qui sont abandonnées par les éléments les Forces de l’Ordre et de Sécurité, les grandes villes font également face à une insuffisance de ces éléments, au détriment des militaires et autres corps qui sèment la terreur.

L’insuffisance dans les différentes unités des Forces de l’Ordre et de Sécurité au Tchad, notamment la Police Nationale (PN), la Gendarmerie Nationale(GN) et autres au Tchad reste un défi croissant, compromettant ainsi la sécurité publique et l’efficacité de la lutte contre le crime et autres formes de banditismes.
Pour rappel, face à cette situation, en 2022, lors du Dialogue National Inclusif Souverain (DNIS), l’actuel porte-parole de la Police et contrôleur Général de la Police Nationale du Tchad, Paul Manga a souligné que pour tout le Tchad, on dénombre 11.528 policiers. Il poursuit que s’il faut parler de la proportion, ce nombre ne suffit même pas pour couvrir une commune. Face à cette situation, la Direction de la Gendarmerie et de la Police Nationale, garantes de la sécurité intérieure, ont souvent recourt aux éléments des Forces de Défense et de Sécurité et ceux de la Garde Nationale et Nomade du Tchad (GNNT), pour assurer la sécurité dans la ville ou contenir des manifestations violentes des populations.
Espoirs brisés pour des milliers de candidats
Pour combler cette carence dans le rang des éléments des Forces de l’Ordre et de Sécurité, la Direction Générale de la police Nationale, a lancé un concours pour le recrutement de 5.000 policiers, de différentes catégories. A cet effet, plusieurs milliers de jeunes, notamment des diplômés sans emploi qui y veulent faire carrière dans ce corps, ont manifesté leur envie, en déposant leurs dossiers. Plus grave, plus de deux ans après, le rêve de ces milliers de ces jeunes à faire carrière dans ce corps, s’est dissipé. Il n’a jamais eu de concours. Leurs dossiers, trainent par terre dans les couloirs de la Direction Nationale de la Police. Les frais de ces dossiers de 10.000 francs CFA, ne sont non plus restituer aux candidats, qui crient à l’escroquerie au haut sommet de l’Etat. Entretemps, la Direction Générale de la Police Nationale et la tutelle, le ministère de la Sécurité Publique et de l’Immigration, continue à former à l’école Nationale de la Police, des policiers par remplacement numérique, coptés par copinage et militantisme politique et autres.
A la Direction Générale de la Gendarmerie Nationale, c’est aussi le même constat qui est observé. En 2022, plusieurs jeunes admis au concours de corps, à peine arrivés en formation au centre d’instruction de Boudouloum, ces jeunes qui ont passé deux jours dans cette caserne, ont dû regagner leurs familles respectives. A l’heure où nous coulons ces lignes, ces derniers ne sont pas situés sur leur sort comme ceux de la Police Nationale. Entre-temps, c’est la sécurité intérieure qui en prend un sérieux coup, avec le nombre insuffisant des agents chargés du maintien de la sécurité intérieur. Les assassinats, les braquages et autres formes de banditismes est un constat désolant. Ces banditismes vont grandissant.
Cette situation, oblige les plus hautes autorités en charge de la sécurité nationale d’impliquer les éléments de la Défense, force du troisième degré et ceux de la Garde Nationale et Nomade du Tchad (GNNT) à assurer le rôle de la police et de la Gendarmerie, avec tous les risques et dangers possibles sur la population.
Bien que le porte-parole de la police nationale, Paul Manga ait expliqué lors du Dialogue National Inclusif et Souverain en 2022, que la présence des militaires et autres lors des manifestations est dû à la situation du terrorisme à partir de 2015 où une commission mixte de sécurité a été mise sur pied et qui regroupe tous ces corps pour contrecarrer des d’éventuelles actions meurtrières, mais, déjà la présence de ces militaires en ville, prend une proportion inquiétante. Vivement que le gouvernement relance le processus de ces concours déjà engagés pour le renforcement dans les rangs des éléments des forces de l’ordre, pour le maintien de l’ordre et de sécurité intérieure.
Fidèle Djering