
Ces dernières années, tous les services de l’Etat et/ou les services privés, sont gangrenés par la pratique des sous-tables et de divers démarchages dans les dossiers des usagers, en plus des trafics d’influence, de la corruption, et autres fonctionnements peu orthodoxes, contre la bonne marche de l’administration.
La corruption, le marchandage et le trafic d’influence ont gagné du terrain de manière alarmante dans tous les secteurs de la société, gangrénant l’administration et asphyxiant l’économie. Ces pratiques illégales, qui se sont généralisées au fil des années, constituent une menace sérieuse pour la bonne gouvernance et le développement durable du pays.De la base au sommet de l’État, la corruption a tissé sa toile. Les passations de marchés, les procédures administratives, les opérations financières sont toutes entachées par des pratiques illégales. Le marchandage et le trafic d’influence, qui se sont banalisés, asphyxient l’économie et minent la confiance des citoyens. Les serments et les principes déontologiques ne semblent plus être une priorité. La corruption, le trafic d’influence et les pratiques de marchandage ont pris le contrôle de nombreux secteurs.Pour confirmer l’ampleur de ces pratiques, nous avons sillonné quelques services publics et entreprises privées de la place.
A la direction générale de L’ANATS, censée garantir la sécurité des documents d’identité, est elle-même gangrénée par la corruption. Les demandeurs de passeports et de cartes d’identité sont confrontés à des réseaux d’arnaqueurs qui exploitent les failles du système. Ces pratiques illégales, souvent perpétrées en complicité avec des agents officiels, portent atteinte à la confiance des citoyens.La gratuité de la carte d’identité nationale, décidée par le Président, est détournée par des réseaux d’arnaqueurs qui sévissent au sein des centres de l’ANATS. En dépit de cette mesure, les demandeurs sont contraints de verser des pots-de-vin pour obtenir leur document.
Les pensionnés civils et militaires sont confrontés à de nombreuses difficultés pour percevoir leurs pensions à la Caisse Nationale des Retraités du Tchad (CNRT). Les pratiques de corruption, notamment l’exigence de pourboires par les agents, sont monnaie courante. Ces derniers sont souvent obligés de négocier avec des intermédiaires véreux pour obtenir leurs droits, au risque de voir leurs dossiers bloqués ou de perdre de l’argent. Malgré les changements de direction à la tête de la CNRT, ces pratiques perdurent, mettant en évidence l’incapacité de l’institution à garantir un service public de qualité. La situation est d’autant plus grave que certains retraités, épuisés par les démarches et les pressions, ont trouvé la mort.
Récemment, un scandale a ébranlé la CNRT, un stagiaire a détourné la pension d’un retraité âgé. Malgré une plainte et une arrestation temporaire, le stagiaire a finalement été libéré et a dû rembourser la somme volée. Face à la gravité de ces faits, la direction de la CNRT a mis fin à son stage et l’a licencié pour escroquerie. Cet incident met en lumière les failles dans le système de contrôle de l’institution et soulève des questions sur la sécurité des pensions des retraités.
La corruption sévit également au sein du palais de justice tchadiens. Les démarcheurs y sont omniprésents et exploitent les procédures judiciaires pour extorquer de l’argent aux justiciables. Face à cette situation, le Procureur de la République de N’Djaména avait pris l’initiative d’interdire l’accès aux palais de justice aux personnes étrangères aux dossiers en cours. Malheureusement, cette mesure s’est révélée inefficace. Pire encore, les coûts des services judiciaires, comme la délivrance du casier judiciaire, ont considérablement augmenté en raison des pratiques illégales de certains agents de l’administration judiciaire et de gendarmes en poste.
Le Ministère de la Fonction Publique et du Dialogue social, de nombreux demandeurs d’emploi sont victimes d’arnaques orchestrées par des agents du ministère et des intermédiaires. Ces derniers exigent des sommes exorbitantes, allant de 300 000 à 1 000 000 de francs CFA, en échange de promesses d’emploi. Certains candidats sont même escroqués à plusieurs reprises. Le trafic d’influence est également une pratique courante. Récemment, un chef de canton a réussi à faire recruter un membre de sa famille grâce à une simple correspondance adressée au ministre, mettant en évidence le poids des réseaux et des relations personnelles dans les processus de recrutement. Un autre reseau des demarcheurs qui ecument la fonction publique tchadienne a eté demantelé il y a quelques jours par le ministre en charge de ce department. Ces badauds qui refusent de denouncer leurs complices au sein de ce ministére,sont envoyés à la maison d’arret de klessoum,en attendant les enquétes en cours.
L’exigence de rétrocommissions, systématique dans les marchés publics et privés, a des conséquences désastreuses sur la qualité des réalisations. Les entreprises, contraintes de verser des pourcentages illégaux, sont incitées à minimiser les coûts, au détriment de la qualité des travaux.
Patalet Dama