
Les clients sont dans la tourmente
Les clients des banques vivent dans la peur. Les agressions se multiplient, dissuadant de nombreux habitants de se rendre dans ces établissements. Entre la crainte d’être braqués et les risques d’autres formes d’insécurité, les clients sont pris en étau.
A N’Djamena et dans les autres villes secondaires, la vente de stupéfiants et d’autres substances illicites s’est considérablement accrue à proximité des établissements bancaires, créant une situation de plus en plus dangereuse. Malgré la pénurie d’agences bancaires dans certains quartiers, les clients sont contraints de parcourir de longues distances pour accéder à leurs comptes, exposés aux risques d’agressions et de vols. Cette situation alarmante soulève des questions sur l’efficacité des mesures de sécurité mises en place et sur la nécessité d’une action urgente des autorités.
Un fonctionnaire du ministère de la Jeunesse et des Sports témoigne : « Il y a quelques semaines, mon fils étant malade en pleine nuit, j’ai dû retirer de l’argent à un distributeur automatique. À peine la transaction effectuée, j’ai été attaqué à quelques mètres de là. Je n’ai dû mon salut qu’à la présence de fidèles dans une mosquée voisine. »L’agence Ecobank d’Ambassadna, située avenue Bokassa dans le 3ème arrondissement de N’Djamena, n’échappe pas à ce phénomène. Des vendeurs ambulants proposant des liqueurs frelatées en sachets et autres produits dangereux se sont installés juste devant le distributeur automatique 24h/24, créant un environnement peu sûr pour les clients.
La présence d’agents de prévention de sécurité et de la Garde Nationale ne suffit pas à endiguer la violence. Des bagarres impliquant des objets dangereux sont monnaie courante, notamment autour des points de vente de liqueurs frelatées. Un client témoigne avoir été contraint de verser une somme importante pour éviter d’être agressé. D’autres clients rapportent des vols à la sortie des distributeurs automatiques, perpétrés par des individus se faisant passer pour des vendeurs.
L’insécurité autour des établissements bancaires au Tchad ne se limite pas à certains quartiers. Dans le 7ème arrondissement de N’Djamena, notamment près du rond-point à double voie, les clients sont confrontés à des agressions régulières, surtout lors des périodes de virement. La situation est similaire à Gassi, où l’isolement de l’agence bancaire exacerbe le problème.
« Nous pensions que les banques, en s’implantant dans nos quartiers, allaient faciliter nos opérations. Mais c’est tout le contraire », déplore un client. « Nous sommes obligés de parcourir de longues distances pour effectuer nos retraits en toute sécurité, car les agressions sont fréquentes à la sortie des guichets automatiques.Le grand marché de N’Djamena n’est pas épargné. La cohabitation entre clients, commerçants et malfaiteurs complique la tâche des forces de l’ordre. Les agressions sont monnaie courante, et les vols avec violence se multiplient. Le meurtre d’un président de coopérative agricole, survenu récemment après un retrait bancaire, illustre la gravité de la situation.
Ce fléau est un véritable défi pour les autorités tchadiennes. Les mesures de sécurité autour des banques doivent être renforcées, et les commerces illicites à proximité de ces établissements doivent être interdits. La population, quant à elle, doit rester vigilante et signaler tout comportement suspect.