L’élimination du candidat Tchadien Abbas Mahamat Tolli dès le premier tour avec seulement 0,52% des suffrages, ce mercredi 29 mai 2025 de la course à la présidence de la Banque Africaine de Développement(BAD), met en lumière les défis constants de réputation et de la posture pour les candidats et les nations africaines sur la scène internationale. Abbas Mahamat Tolli a-t-il échoué suite aux faiblesses de la diplomatie tchadienne ou de sa réputation ?
L’échec dès le premier tour du candidat Tchadien, Abbas Mahamat Tolli, aux élections à la présidence de la Banque Africaine de Développement(BAD), soulève des questions déterminantes sur la posture et la réputation du Tchad sur la scène financière africaine et au de-là.

Alors que la candidature d’Abbas Mahamat Tolli était officiellement soutenue par la Commission Économique et Montataire des États de l’Afrique Centrale (CEMAC) et la CEEAC, son fiasco précoce suggère que le soutien régional n’a pas suffi à compenser certains handicaps perçus tant au niveau de son bilan personnel que l’image de son pays, en raisons des faiblesses diplomatiques.
Abbas Mahamat Tolli, fort d’une carrière expressive, particulièrement en tant que Gouverneur de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) et ancien ministre des finances du Tchad, a souvent mis en avant son expérience et sa vision pour le développement de l’Afrique. Cependant, son parcours n’est pas exempt de critiques. Des accusations, notamment concernant des irrégularités dans le recrutement au sein de la BEAC et des allégations de favoritisme, ont pu ternir son image, même s’il avait toujours réfuté ces accusations, affirmant un parcours « clean » et professionnel.
Ces accusations, bien que non avérées juridiquement, ont laissé d’emprunts dans ce milieu très exigeant des institutions financières internationales.
Au-delà de la personne du candidat, c’est l’image du Tchad qui est en jeu. Le pays souvent associé à l’instabilité politique et économique, ainsi qu’a des défis de gouvernance et de la diplomatie, peine à projeter une image de sérieux et de rigueur indispensable pour des postes de cette envergure. Malgré les efforts pour présenter un candidat « dont l’expérience et les compétences, l’excellence et l’honnêteté », l’évidence des perceptions peut être difficile à surmonter. La question de la bonne gouvernance est un critère essentiel pour la BAD, et les membres du Conseil d’Administration sont naturellement attentifs à ces signaux.
Faiblesse diplomatique
Il faut noter que l’Afrique Centrale n’a jamais eu à occuper le poste de la présidence de la BAD, c’est ce qui a poussé Abbas Mahamat Tolli à dire dans l’une de ces interventions que cela pourrait être un inconvénient. Cependant, cet argument ne peut à lui seul expliquer une élimination aussi rapide. En plus, le manque de poids diplomatique et la difficulté à rallier un consensus plus large au-delà du soutien régional immédiat, notamment auprès des puissances économiques du continent, ont probablement joué un rôle majeur. La capacité d’un candidat à inspirer confiance et à démontrer une indépendance vis-à-vis des enjeux politiques nationaux est primordiale pour diriger une institution panafricaine comme la BAD.
L’échec dès le premier tour du candidat tchadien doit être une occasion pour le Tchad de réexaminer sa stratégie et de travailler à améliorer sa réputation et sa posture sur la scène internationale. Il ne suffit pas donc de présenter un candidat d’un bon CV ; il est impératif que le pays qu’il représente incarne les valeurs de transparence, de stabilité et de bonne gouvernance que la BAD s’efforce de promouvoir à travers le continent. L’échec retentissant d’Abbas Mahamat Tolli aux élections de la BAD, n’est en réalité pas anodin.

Aux dernières nouvelles, le Mauritanien Sidi Ould Tah a été élu neuvième président du groupe de la BAD, avec un score de 76,18% DES des voix. Il succède à ce poste au Nigerian Akinwumi Adesina, dont le mandat prendra fin le 31 aout 2025.
La rédaction