Sous le soleil brillant du cimetière de Toukra : La pauvreté pousse les mineurs à vendre au milieu des morts

En pleine canicule, le cimetière de Toukra, situé dans le 9eme arrondissement de la commune de N’Djamena, devient le théâtre d’une scène bouleversante. Parfois âgés de moins de 12 ans, les enfants y vendent de l’eau, des gâteaux, œufs et autres nourritures pour aider leurs familles à survivre. Un quotidien choquant qui soulève de questions sur la précarité, le respect des lieux sacrés, et l’inaction des autorités en matière de la protection des enfants.
Le cimetière de Toukra, situé à proximité de N’Djamena dans le 9eme arrondissement, est un lieu chargé d’histoire et de traditions. Mais, ces dernières années, des pratiques peu orthodoxes se passent dans cet espace sensible. A en croire, de nombreux mineurs, filles et garçons fréquentent ce site pour des raisons variées, notamment sur des motivations économiques.

Cette pratique soulève des questions importantes sur le rapport des mineurs à la mort et aux traditions funéraires.
Cette fréquentation des mineurs en cette période des classes où ces jeunes censés être sur les bancs d’école, écument ces lieux, reste un sujet complexe, mais qui n’attire aucune attention des autorités communales et des associations pour la protection potentielle des enfants dans ces espaces dangereux.

Jeudi 22 mai 2025, il est avec exactitude 12 heures 30 minutes, sous le soleil de plomb en cette période de canicule. Il affiche 44 degrés à l’ombre. Nous sommes en plein milieu des tombes, au cimetière de Toukra à N’Djamena. Sur place, le constat est désolant. A la première vue, nous remarquons des petits enfants dans leurs conditions d’exercice très particulières et éprouvantes. Sous ce soleil exténuant, ces mineurs sont visibles. Plateau, seau à la tête, ces enfants proposent des eaux dans les sachets, cacahouètes, gâteaux, mangues et beaucoup d’autres nourritures, aux proches des morts qui acheminent les corps au cimetière, à leurs dernières demeures.

Djenom S ,11 ans, assise sur un tombeau, toute épuisée, plateau de mangues devant elle, explique que c’est depuis 3 ans qu’elle vend de nourriture, comme les mangues et les œufs dans ce cimetière. A la question de savoir si elle fréquente les cours, cette mineure de 11 ans nous réponds qu’elle est bien inscrite à l’école, mais depuis la reprise des cours après le congé des pâques, rien de sérieux ne se fait dans les classes des écoles périphériques de N’Djamena. C’est ainsi poursuit-elle que, sa génitrice lui a interdit d’y mettre pied déjà en classe et attendre seulement que les examens de fin d’année.
Cette mineure de conclure que dans cette activité, elle n’est pas seule dans sa famille à l’exercer, mais ces sœurs et frères exercent aussi dans ce site. C’est ce qui les permet à avoir de la nourriture à la maison.

Orphelin de père, décédé au combat dans le Lac Tchad, Amane F, âgé de 13 ans, lui, vend de l’eau glacée dans les sachets. Ce dernier hèle toutes les personnes venues au cimetière, pour les proposer ces eaux. « Moi je ne fréquente pas. Ma mère n’a pas d’argent pour m’inscrire à l’école. Elle m’encourage dans ce travail, pour gagner un peu d’argent pour nous », dit Amane.
Pour Certains enfants, la fréquentation du cimetière peut répondre à des besoins de curiosité et d’exploration, surtout dans un contexte où les discussions autour de la mort, entre parents et enfants sont souvent liturgiques.

Le silence des Tombes, troublés par les cris des enfants
Ces enfants qui interpellent les passants venus enterrer leurs proches sans crainte, ces derniers sont en contact direct avec les morts. Ils arpentent les allées sableuses avec des différentes nourritures en main ou sur les têtes. Certains par contre, sont assis devants ces aliments en cette période où la température frôle parfois 44 à 45 degrés à l’ombre sur le site. Cette canicule, rend difficile les tâches à ces enfants.

Au-delà du choc visuel, ce phénomène met en lumière un malaise profond. L’insécurité sociale qui pousse des familles à envoyer leurs enfants dans des lieux inappropriés, sans encadrement ni protection. « Ces enfants n’auront pas une bonne éducation. Je parle en tant que génitrice. Même nous les grandes personnes, avons peur de ce lieu, pourquoi envoyer ces gamins vendre dans ces conditions pénibles et sans hygiène des aliments », s’est interrogée Madeleine, rencontrée au cimetière de Toukra.

Rencontré pour plus d’informations sur le laisser-aller des gosses au sein du cimetière de Toukra, Zakaria le gardien de cet endroit, explique que lui et ses chefs sont fatigués de ces enfants. « A peine renvoyer, ces enfants nous contournent pour entrer dans la foule et vendre leurs nourritures sans avoir peine des morts. Vraiment, nous ont est dépassés. On craint aussi de faire du mal aux enfants des pauvres qui se débrouillent. Que les parents prennent leur responsabilité pour éviter d’attirer notre colère dans les prochains jours », menace le gardien du cimetière de Toukra.

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