Drame à l’hôpital Tchado-Chine : Une césarienne tourne au cauchemar

Une mère perd son nouveau né et son utérusLe 30 septembre 2023, Madame Mouna Annour Adam, âgée de 19 ans et enceinte, a été admise à l’Hôpital de l’Amitié Tchad-Chine en raison de saignements génitaux. Suite à une césarienne réalisée dans l’urgence, le nouveau-né est malheureusement décédé à la naissance. Par ailleurs, en raison de complications chirurgicales, il a été nécessaire de procéder à une hystérectomie (ablation de l’utérus) sur la patiente.Malheureusement, Mouna Annour Adam, affirme que l’hystérectomie qui a suivi a été réalisée sans son consentement éclairé, ni celui de son époux, qui était absent de N’Djaména. Elle soutient que cette décision a été prise sans qu’elle ait été pleinement informée des conséquences de cette intervention. Pourtant cette dernière, suivait régulièrement ses consultations prénatales à l’hôpital de l’Amitié Tchad-Chine. Les proches de la jeune femme accusent l’équipe médicale d’avoir commis des erreurs lors de la césarienne. Selon eux, ces négligences seraient à l’origine des graves complications subies par la patiente qui n’a aucun antecedent de maladies comme la tension et la crise cardiaque et autres.

Quelques jours après une césarienne jugée à haut risque, Mouna Annour Adam voit son état se dégrader. Un ventre qui gonfle, des membres paralysés, la jeune femme est loin de la joie d’être mère. L’accouchement, censé être le plus beau jour de sa vie, s’est transformé en véritable calvaire.C’est au retour de son voyage que le mari de Mouna Annour Adam a découvert, avec stupeur, que l’utérus de sa femme avait été retiré lors de la césarienne. Confrontés à ce revirement, les médecins de l’hôpital ont d’abord nié toute implication. Ce n’est que sous la pression insistante de la famille, et après plusieurs semaines de dénégations, qu’ils ont finalement reconnu avoir opéré la jeune femme.

Les parents de Mouna Annour Adam ont dû mener un véritable combat pour percer le mystère entourant la césarienne qui a viré au drame. Après avoir exigé à plusieurs reprises un rapport médical détaillé, ils ont obtenu gain de cause. Ce document, remis le 27 septembre, devrait enfin apporter des éléments de réponse sur les raisons de l’ablation de l’utérus de la jeune femme.

Le rapport medical sans identité, enfin obtenu par la famille de Mouna Annour Adam, présente une version bien différente des événements. Selon ce document officiel, la césarienne a été pratiquée en urgence pour sauver la vie de la mère, avec l’accord de ses proches. Les médecins affirment avoir extrait un fœtus mort-né et procédé à l’ablation de l’utérus en raison d’un important saignement. Des affirmations qui contredisent les témoignages de la patiente et de sa famille. Selon le rapport de l’Hôpital, cette césarienne a permis l’extraction d’un mort-né macéré de premier degré de sexe masculin pesant 3000g, suivi d’une remise de la délivrance d’un placenta décollé et un hématome estimé à 700cc.

Le sort de Mouna Annour Adam repose désormais entre les mains de la justice. Au cœur des débats : l’ablation de son utérus, présentée par les médecins comme une nécessité médicale face à un organe irrécupérable. Cependant, la famille conteste cette version des faits, accusant les professionnels de santé de négligence. Le Dr Dok-Kwda Zoulaye Doulet, mis en cause, assure avoir agi en conscience et avec l’accord de la famille. La justice devra désormais trancher et déterminer les responsabilités de chacun. Mais ,les member de cette famille ,rejette ces propos et explique que le medecin n’a eu le consentement de personne.Plus loin ,ils accusent d’avoir inventé le nom d’une personne,Bechir Annour Ali comme l’ainé de Mouna dans le rapport,mais qui n’a aucun lien avec la famille de la patiente. Ces derniers denoncent meme de contradictions des dates dans ce rapport.

Selon Dr Djasrangué Constantin, au Tchad, les médecins exercent leur profession dans un cadre légal strict. Le code de la santé publique, le code pénal et d’autres textes réglementaires définissent les règles à suivre, notamment en matière de chirurgie, comme les césariennes. Il poursuit que les médecins tchadiens bénéficient d’une protection juridique spécifique, notamment lorsqu’ils sont confrontés à des situations d’urgence. La loi reconnaît que les erreurs médicales peuvent survenir, même lorsque les praticiens agissent de bonne foi. Cependant, les médecins sont tenus d’informer leurs patients des risques encourus, sauf en cas de danger imminent. Cet encadrement juridique vise à garantir à la fois la sécurité des patients et la sérénité des professionnels de santé.

Les patientes doivent donner les consentements éclairés, ce qui protège les médecins d’éventuelles poursuites pour défaut d’information. Dans la situation d’urgence où la césarienne est nécessaire pour sauver la vie de la mère ou de son bébé, le médecin bénéficie d’une certaine immunité, à condition que l’acte soit conforme aux pratiques médicales », conclut-il.

Seraphin Sadna