Les pluies reviennent, la peur aussi : les habitants du 9ème arrondissement sont sur le qui-vive

Les habitants du 9ème arrondissement de N’Djamena vivent un cauchemar récurrent. Prés de deux  ans après les dévastatrices inondations de 2022, la menace d’un nouveau drame se profile à l’horizon. Face à la montée des eaux et aux prévisions météorologiques alarmantes, la population craint le pire.

L’angoisse s’est emparée des habitants des quartiers riverains des fleuves Chari et Logone à N’Djamena. Près de deux ans après les dévastatrices inondations de 2022, la menace d’un nouveau désastre plane à nouveau sur la ville. Avec la saison des pluies qui s’annonce, les populations redoutent un retour des eaux et de leurs conséquences désastreuses. Les quartiers situés à proximité des fleuves Chari et Logone, en particulier le 9ème arrondissement, sont en état d’alerte. Les écoles, régulièrement inondées, posent un véritable casse-tête pour les parents d’élèves qui redoutent de voir leurs enfants privés de cours.

 Il est 12h 31 mn, ce jeudi 4 septembre 2024, et l’atmosphère est lourde à Walia, dans le 9ème arrondissement de N’Djamena. Les habitants, hommes, femmes et enfants, n’ont d’yeux que pour le niveau des eaux qui menacent leurs habitations.

Soussia Kalbassou, que nous avons rencontré à proximité de la digue de Walia Goumna, confie vivre dans la peur :”Avec une digue aussi fragile, comment pouvons-nous être tranquilles ? Nous sommes obligés de vérifier en permanence le niveau des eaux, car nous ne savons pas si elle tiendra”,se lamente t-il.

 Le désarroi se lit sur le visage de Brigitte, mère de trois enfants. ‘Nous sommes sans cesse obligés de fuir notre foyer à cause des inondations. Où trouverons-nous un refuge sûr ?’ s’inquiète-t-elle. Elle nous explique de maniere désespérée, que sa cour est complètement inondée. Face à cette situation, elle et sa famille n’ont d’autre choix que d’abandonner leur maison pour trouver refuge ailleurs.

La perspective de nouvelles inondations plonge les habitants dans l’angoisse. Nodjialta Emmanuel, témoin des précédentes catastrophes, s’inquiète des consequences.Les digues, loin d’être une solution, pourraient aggraver la situation. Les familles les plus vulnérables en souffriront le plus. Dans les quartiers riverains, les habitants scrutent le moindre mouvement de l’eau. Issakha Mahamat Ali dénonce l’incompétence des autorités : “Les digues sont un fiasco total. Elles ont été construites sans aucune étude sérieuse. Malgré un coût faramineux, l’ouvrage est déjà détérioré, et le ministre cherche à rejeter la faute sur les riverains, une accusation qui suscite l’indignation” vocifere ce pere de famille.

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