Difficile gestion de l’héritage au Tchad

De nombreuses familles s’entredéchirent

Faute de testaments et de dispositions prises dans les familles, les héritiers et globalement les familles finissent par s’entredéchirer voire s’entretuer pour la succession ou la gestion des biens matériels.

Le testament est un acte juridique à travers laquelle une personne laisse sa ou ses dernières volontés avant de mourir. Au Tchad, cette pratique est négligée ou peu connue par la grande partie de la population. Dans la société tchadienne, il reste beaucoup à faire pour éviter des tiraillements dans les familles sur la gestion de la succession ou de l’héritage. Le gouvernement de son coté, ne fournit pas d’effort pour sensibiliser les familles sur l’importance de cet     acte pour éviter des querelles et autres déchirements inutiles.  

Dans les commissariats, brigades, à la justice ou au Conseil Supérieur des Affaires Islamiques (CSAI), chez les différents chefs des communautés, les dossiers liés aux litiges autour de l’héritage sont quotidiennement traités. Leur gestion reste un grand problème dans notre société.

« Notre père est mort il y a plus de 10 ans, nous ses enfants, sommes au bas mot, au nombre de dix. A l’heure où je vous parle, nous traversons une crise dans la famille, autour de la gestion de l’héritage laissé par notre père. Vraiment, on a tenté plusieurs fois de trancher nos différends mais en vain. Tous les jours qui passent, nous sommes entre la maison et la justice. Tout cela, c’est parce que notre père ne nous a pas rendu la tâche facile en laissant un testament avant de mourir », lance Gérard B.

Comme ce cas dans la famille de Gérard, plusieurs autres familles souffrent à cause des litiges liés à l’héritage. Les membres de la famille Moussa. N, eux, se sont offerts en spectacle au palais de justice. Ils en sont venus aux mains en pleine cour du palais de justice de N’Djaména où ils se sont rendus pour régler leur problème d’héritage après la mort de leur père. Il a fallu l’intervention des éléments de la gendarmerie en faction au palais de justice pour calmer ces derniers, pourtant membres d’une même famille qui se battent pour la succession. Cette attitude a provoqué l’ire de plus d’un justiciable présent ce jour-là au palais de justice. « Si j’étais à la place de leur père, je dilapide tous mes biens avant de mourir. Je ne vais rien leur laisser. Ils n’ont pas honte », fulmine un homme qui a assisté à cette scène.

Ces cas sont légion dans les brigades, commissariats et dans les institutions religieuses comme le CSAI. Dans certaines communautés tchadiennes, les femmes sont les plus marginalisées en ce qui concerne l’héritage ou la succession. Souvent, c’est la religion qui est mise en facteur pour écarter les femmes du partage ou d’autres principes de l’égalité ne sont pas pris en compte.

Dans certaines familles, malgré le testament laissé par les défunts, les membres bravent la décision de la justice pour en faire à leur tête. Pour preuve, un père, avant de mourir, a laissé un testament pour dire qu’une maison et une partie de sa fortune soient léguées à ses petits-fils. Mais, après sa mort, malgré ledit testament, les fils du défunt ont opposé un refus catégorique. Le notaire chargé de la gestion de l’héritage a failli être lynché. Pour les fils du défunt, les petits-fils n’ont pas le droit d’hériter les biens de leur grand-père. « Les biens de notre père feu nous appartiennent à nous ses enfants », vociféraient-ils.

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